Licence GPL et thèmes WordPress : ce qu'elle permet, ce qu'elle impose

Un thème WordPress se télécharge, se modifie, se revend parfois. Derrière ces usages, une licence : la GNU General Public License, sous laquelle WordPress lui-même est publié. La comprendre évite deux erreurs opposées : croire qu'un thème « gratuit » n'impose rien, ou croire qu'un thème payant ne peut pas être modifié.
La licence de WordPress
La page officielle consacrée à la licence est brève. Elle indique que WordPress est publié sous la GPL et précise : « la licence sous laquelle le logiciel WordPress est publié est la GPLv2 (ou ultérieure) ». La GPL est une licence de logiciel libre rédigée par la Free Software Foundation. Elle accorde à chacun le droit d'utiliser le programme, d'en étudier et d'en modifier le code, et de le redistribuer, modifié ou non, à condition de transmettre ces mêmes droits : une version redistribuée doit rester sous GPL et être accompagnée de son code source.
C'est cette dernière condition, souvent appelée « copyleft », qui fait débat pour les thèmes. La même page de WordPress.org explique qu'une partie de la licence porte sur les œuvres dérivées, « comme les extensions ou les thèmes », et affirme : « nous pensons fermement que les extensions et les thèmes sont des œuvres dérivées et héritent donc de la licence GPL ». Le raisonnement est le suivant : un thème appelle les fonctions de WordPress et s'exécute avec lui, il en serait donc une extension au sens de la licence.
Il faut lire cette phrase pour ce qu'elle est : la position du projet WordPress. Elle est largement suivie dans l'écosystème, mais la qualification d'œuvre dérivée dépend in fine du droit applicable et, en cas de litige, d'un juge. Ce site ne donne pas de conseil juridique ; pour un projet commercial important, un avis d'avocat spécialisé en propriété intellectuelle reste la bonne démarche.
Ce qu'exige le répertoire officiel
Pour les thèmes publiés sur WordPress.org, la question ne se pose plus : les règles de l'équipe de revue des thèmes sont explicites. On y lit notamment :
- Compatibilité GPL. « Les thèmes doivent être compatibles avec la GNU General Public License. » Utiliser la même licence que WordPress, GPLv2 ou ultérieure, est recommandé.
- Tout le paquet. « Tout le code, les données et les images, tout ce qui se trouve dans le fichier zip du thème, doit respecter la GPL ou une licence compatible. » Cela inclut les photos de démonstration, les icônes et les polices embarquées.
- Traçabilité. Le thème doit indiquer la licence, le droit d'auteur et la source de chaque ressource incluse, et déclarer sa licence dans l'en-tête de
style.css(champsLicenseetLicense URI). - Distribution hors répertoire. Les auteurs qui publient sur WordPress.org ne peuvent distribuer, ailleurs, que des thèmes compatibles à 100 % avec la GPL, et les sites qui vendent ou distribuent leurs thèmes doivent l'indiquer clairement.
Les mêmes règles encadrent le comportement du thème : un seul lien de crédit en façade, vers l'adresse du thème ou de son auteur ; pas de vente agressive (« upsell ») affichée sur le site ; les liens d'affiliation doivent être signalés. La seule ressource distante tolérée est Google Fonts : tout le reste doit être inclus dans l'archive. Le choix d'héberger soi-même ses polices reste possible, et souvent préférable.
Vendre un thème sous GPL
La GPL n'interdit pas la vente. Un studio peut faire payer le téléchargement d'un thème, le support, les mises à jour ou l'accès à une documentation. Mais une fois le thème entre les mains de l'acheteur, celui-ci a le droit de le modifier et de le redistribuer, y compris gratuitement. C'est pourquoi les éditeurs de thèmes commerciaux vendent surtout un service : des mises à jour suivies, une assistance, des compositions et des démonstrations soignées.
Deux points restent hors du champ de la licence du code. D'abord, les marques : la GPL porte sur le droit d'auteur, elle n'autorise pas à reprendre le nom commercial ou le logo d'un éditeur pour présenter une copie comme l'original. Ensuite, certains éditeurs publient le PHP sous GPL mais placent les images, les feuilles de style ou les polices sous une autre licence. Cette pratique, dite de « licence séparée », est discutée ; elle est incompatible avec les règles du répertoire officiel. Avant de réutiliser des visuels d'un thème commercial, il faut lire sa licence fichier par fichier.
Réutiliser ou modifier un thème : les bonnes questions
- Quelle est la licence déclarée ? Elle figure dans l'en-tête de
style.csset, souvent, dans un fichierreadme.txtouLICENSE. - Les ressources sont-elles listées ? Un thème sérieux indique l'origine et la licence de chaque image, police ou bibliothèque. Une photo sans source n'est pas réutilisable par défaut.
- Le thème vient-il d'une source fiable ? Les règles de sécurité de WordPress recommandent de ne pas installer d'extensions ou de thèmes provenant de sources non fiables. Un thème commercial « offert » sur un site tiers peut contenir du code malveillant, même si la licence autorise sa redistribution.
- Faut-il un thème enfant ou une copie ? Si les modifications sont légères, un thème enfant garde le bénéfice des mises à jour du parent.
- Que faire de ses propres modifications ? Si le thème modifié est redistribué, il doit l'être sous GPL, avec son code source. S'il reste sur un seul site, la licence n'impose pas de publier les modifications.
Pourquoi cela compte, même pour un petit site
La licence n'est pas qu'une affaire de juristes. Elle garantit qu'un site ne devient pas prisonnier d'un éditeur disparu : si le studio qui a créé le thème cesse son activité, le code reste modifiable et maintenable par quelqu'un d'autre. C'est un argument concret pour choisir des thèmes dont la licence est claire et les ressources documentées, et pour garder une trace de l'origine de chaque élément ajouté au site, jusqu'aux images.
Cette continuité suppose aussi que le thème soit entretenu. Un thème libre mais abandonné finit par poser des problèmes de compatibilité et de sécurité : voir notre article sur les mises à jour sans casse.
Sources
- WordPress.org, « License » (consulté le 27 octobre 2026).
- Make WordPress Themes, Theme Handbook, « Required », exigences de revue des thèmes (consulté le 27 octobre 2026).
- Free Software Foundation, texte de la GNU General Public License, version 2 (1991) et version 3 (2007).
- WordPress Developer Resources, « Hardening WordPress » (consulté le 27 octobre 2026).
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